1er octobre 2021


Edito de l’évêque> Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem

(Lc 9, 51) [1]

Cette parole nous est offerte par la liturgie de ces jours, évoquant cette attitude déterminée que Jésus manifeste ; prenant le chemin de Jérusalem, celui de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.

Le mois d’octobre est celui de la mission

Il va s’ouvrir en quelques lieux de notre pays, dont la ville de Marseille, par le Congrès Mission, le samedi 3 octobre, donnant à voir et à partager bien des initiatives vécues pas les chrétiens, pour témoigner du Christ et de l’horizon qu’il apporte à nos existences. Nous serons un certain nombre du diocèse à y participer. Que ce temps puisse être occasion de rencontres, d’échanges des manières diverses de vivre la mission, d’élan pour être, aujourd’hui, témoins de Celui qui nous anime.

Le mardi 5 octobre sera rendu public, par Monsieur Jean-Marc Sauvé son président, le rapport de la CIASE rendant compte du travail de deux années et demi pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs et personnes vulnérables au sein de l’Eglise en France depuis 1950 jusqu’à aujourd’hui. L’objectif étant de : quantifier le nombre de situations d’abus sexuels depuis 1950 ; comprendre ce qui s’est passé ; évaluer la pertinence et l’efficacité des dispositions prises par l’Église catholique depuis le début des années 2000 ; préconiser des actions, en particulier pour la prévention et l’accompagnement des victimes. Le rendu de ce rapport risque d’être difficile pour beaucoup. Dans le travail de vérité que nous avons voulu entreprendre, il nous faut le recevoir avec le courage et l’humilité nécessaires.

Le dimanche 17 octobre, nous sommes invités à nous retrouver à la cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras pour vivre un temps d’assemblée diocésaine permettant à notre Eglise d’accueillir son pasteur et me donnant de rencontrer des chrétiens venant des diverses communautés du diocèse. Ce temps sera l’heureux prolongement de l’installation vécue le 11 juillet à la cathédrale Notre-Dame-des-Doms à Avignon. Il nous permettra de nouer ce lien entre le peuple de Dieu que nous sommes et le pasteur qui lui est envoyé au nom du Christ. Nous vivrons cette rencontre dans les conditions de rassemblement qu’il nous faut respecter, mais avec pour autant la joie de l’élan reçu de cette étape nouvelle. Je veux dès maintenant remercier tous ceux qui œuvrent tant du côté de notre Eglise que de celui des responsables des collectivités avec qui nous sommes en dialogue pour préciser les conditions de faisabilité de cet événement.

Ce même jour, 17 octobre, sera aussi pour le diocèse l’occasion d’entrer avec toute l’Eglise dans la démarche synodale que le Pape François a voulu initier au cours des années 2021-2023. Pour une Eglise synodale, communion – participation – mission. L’assemblée des évêques, qui se tiendra à Rome en octobre 2023, se veut ainsi précédée d’un travail de réflexion et d’échange dans chaque diocèse, puis au sein de notre pays, de notre continent, avant de rassembler toutes ces réflexions au cours de l’assemblée synodale à Rome. “Le chemin de la synodalité est celui que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire”[2]. Au cours de notre rassemblement de ce jour, nous partagerons quelques propositions pour nous engager ensemble au cours de cette année sur ce chemin synodal. Le regard que nous sommes invités à porter sur notre vie ecclésiale est simple : « Une Église synodale, en annonçant l’Évangile, « marche ensemble » : comment ce « marcher ensemble » se réalise-t-il aujourd’hui dans votre Église particulière ? Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre « marcher ensemble » ?[3]

Que pouvons-nous en repérer dans la vie de nos communautés ?

Quelles joies, difficultés et obstacles rencontrons-nous ?

Quels fruits en recevons-nous ?

Nous essaierons donc, modestement, mais réellement, de nous inviter à ce regard pour entrer de manière commune dans l’élan de toute notre Eglise, et nous demander également quel pas nouveau peut être fait.

 

« Jésus, le visage déterminé prend la route de Jérusalem ». Il nous ouvre le chemin. Il nous invite à marcher à sa suite. Chemin de lucidité, de vérité, de reconnaissance de nos fautes et de nos fragilités… Chemin à la suite de Celui qui fait de sa vie une vie donnée pour les hommes et pour ses frères. Au cours de ce mois de la mission, que le Seigneur nous donne à chacun personnellement comme à toute notre Eglise la lucidité nécessaire pour reconnaître nos fragilités et nous laisser entraîner à sa suite.

 

+François FONLUPT
Archevêque d’Avignon

 

[1] Evangile du mardi 28 septembre 2021

[2] Discours du pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques 17 octobre 2015.

[3] Document préparatoire du Synode des évêques « Pour une Église synodale : communion, participation et mission » § 26.

Paroisses en créations > Se laisser surprendre pour rencontrer Dieu

Les activités proposées par les forums associatifs qui ont fleuri tout le mois de septembre dans nos villes et villages, permettaient à chacun de choisir un lieu où s’épanouir cette année. Peut-être grâce à un peu de gouache, peut-être par une bonne dose d’effort et de sueur, peut-être en donnant de son temps bénévolement. Et si nous tentions quelque chose que nous n’avions pas prévu de faire, pour sortir de nos habitudes un brin soporifiques quand on les pratique depuis trop longtemps ? Pour sortir de la case dans laquelle nous nous sommes installés, et partir à la rencontre des merveilles que Dieu a placées dans nos vies ?

Cette ouverture à l’altérité et à la découverte, prélude à l’élargissement de notre être comme un nouveau manteau moins étriqué aux emmanchures, tourne court dans nos outils actuels d’échanges d’information. Que ce soit nos moteurs de recherche, dont le dominicain Eric Salobir dans La Croix l’Hebdo rappelle le fonctionnement par algorithme : la réponse proposée ne s’ajuste pas à la vérité mais s’assure d’être suffisamment référencée et connectée à d’autres sites. Le choix du plus grand groupe plutôt que celui de la vérité et de la raison.

Même principe réducteur pour nos réseaux sociaux dont les algorithmes nous proposent des contenus qui pourraient nous intéresser, selon la formule consacrée. Ce qui signifie : qui ont été sélectionnés selon nos dernières recherches et lectures, qui nous conforteront donc dans notre avis, notre certitude, notre opinion. Pas de trace d’avis divergents qui, sans nécessairement nous convaincre, nous pousseraient à mieux analyser, à confronter notre point de vue. C’est manquer la possibilité d’être remué, dérangé, comme on oxygène la terre en la retournant.

« Un nouveau style de vie est créé où l’on construit ce qu’on veut avoir devant soi ». Pape François, FT 49

Mais s’enfermer dans un schéma qui nous convient est illusoire et stérile. C’est laisser la peur de l’autre retenir en nous toute forme d’ouverture au monde réel, projet créateur de Dieu. « La peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre », alors « [qu’]une personne et un peuple ne sont féconds que s’ils savent de manière créative s’ouvrir aux autres » (Pape François FT 41).

Pas d’excuse ! Paul VI disait déjà dans Populorum progressio que « par le seul effort de son intelligence et de sa volonté, chaque homme peut grandir en humanité, valoir plus, être plus ». Mais surtout, que l’Homme, « doué d’intelligence et de liberté, est responsable de sa croissance, comme de son salut  » !
En effet, quand l’homme déploie son humanité et élargit son être par l’usage de l’intelligence qui lui a été donnée, il est « l’artisan de ce que qu’il devient par ses choix de vie » .
Faire usage de l’intelligence qui nous a été donnée, c’est aussi s’ouvrir à Dieu, par notre rapport à sa Création, aux êtres et aux lois qui la composent.

Le programme du groupe de travail Écologie et Environnement de la Conférence des Évêques de France propose des pistes dans le chapitre Agir en chrétien pour la Création, pour cette recherche de la vérité et d’une réelle relation à Dieu, notamment :

  • développer des formations
  • célébrer Dieu créateur
  • s’informer sur les questions environnementales
  • ouvrir des lieux d’écoute et de dialogue
  • être exemplaire dans nos choix
  • inciter les chrétiens à s’engager dans la construction d’un « développement durable »

Car enfin, "comme la création toute entière est ordonnée à son créateur, la créature spirituelle est tenue d’orienter spontanément sa vie vers Dieu, vérité première et souverain bien. Aussi la croissance humaine constitue-t-elle comme un résumé de nos devoirs." Paul VI PP 16

Marie-Anne MOLLE

 

Portrait> Quand la Confirmation devient une aventure de couple !

Jéronimo Valerde, habitant d’Orange, est marié et est devenu papa tout récemment.
C’est en décidant de se marier que Jéronimo et Kathleen vont découvrir un beau chemin de foi à travers la préparation aux sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie.

Jéronimo évoque sa foi d’enfant, son baptême à 11 ans parce que son père voulait que son fils choisisse, son assiduité à la messe avec sa maman, puis, après un relâchement, à l’adolescence, son choix de continuer à aller à la messe.

Plus tard, Jéronimo épouse civilement une jeune femme de confession différente. Malheureusement, après 4 années de combat contre la maladie de Hodgkin, la jeune femme décède. Ce fut une grosse épreuve, et durant ces quatre années Jéronimo dit qu’il s’est beaucoup rapproché de Dieu.

"Un jour, lors de la messe dans une église à Dijon, je priais Dieu pour mon épouse, et...

j’ai senti un rayon de soleil qui passait à travers les vitraux et qui me transperçait d’une douce chaleur. Quelques jours après, mon épouse était en rémission et moi, depuis, je vais prier à l’église dès que je le peux car ce jour-là à l’église, j’ai vraiment senti une présence ! Cette présence m’a accompagné dans l’épreuve, au-delà de la mort de mon épouse et m’a permis d’avoir la vie que j’ai aujourd’hui en rencontrant Kathleen. J’ai recommencé à croire à la possibilité d’ une vie nouvelle."

Ainsi, partageant la même foi, Jéronimo et Kathleen décident de se marier religieusement ; en préparant leur mariage, on leur propose de recevoir la Confirmation pour Jéronimo et la Confirmation et l’Eucharistie pour Kathleen.

« Ce sont des piliers pour nous, qui j’en suis sûr, vont faire perdurer notre amour ».

La préparation à la Confirmation a été faite de rencontres : avec un séminariste, un paroissien, avec le curé, l’archevêque, pour comprendre ce qu’était vraiment l’Esprit Saint. Plus qu’une formation, ce fut un accompagnement, non seulement pour essayer de découvrir l’Esprit Saint, mais aussi pour lire et partager la Bible.

« En lisant la Bible, j’ai compris des choses sur moi-même, sur la vie, les notions de partage etc… L’Esprit Saint est ce qui était le plus abstrait pour moi. J’ai compris qu’il nous guide, qu’il peut être, en quelque sorte, une conscience qui nous pousse à faire le bien ».

C’est ainsi que le grand jour de la Confirmation est arrivé pour Jéronimo et Kathleen.

Dès le début, quand les portes de la cathédrale se sont ouvertes, laissant entrer le soleil, c’est un émerveillement pour Jéronimo, se sentant unique dans cette Eglise joyeuse, toute au service des enfants qu’elle accueille pour recevoir des sacrements. « Unique » et à la fois, il partage ce moment de grâce avec son épouse qui est à ses côtés. « J’avais vraiment l’impression que c’était comme un mariage dans lequel l’Esprit Saint venait pour nous ! Et quand mon épouse, puis moi-même, avons été appelés à nous présenter devant l’évêque, je me suis senti toucher par l’Esprit Saint, à travers le regard et les paroles de l’évêque : Peu importe de ce qui se passe dans ta vie, sache que le Seigneur ne t’abandonnera jamais ; Il sera toujours avec toi, même quand tu penses qu’Il ne sera pas là ! »

"On sentait que cette messe était vraiment un moment particulier rempli d’amour et de joie, parce qu’on était deux à vivre ça ensemble !

Mon épouse était enceinte à ce moment-là et nous aurons de beaux souvenirs à raconter à notre enfant dans quelques années. Avoir vécu ce moment à deux, nous permet d’avoir deux angles de vue différents et de partager ce moment fort pour notre couple".

Ne dites pas à Jéronimo qu’il est rayonnant : il vous répondra que c’est surtout son épouse qui l’est !

Résumé d’un entretien avec Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le taire » sur RCF Vaucluse,
par Sylvie TESTUD

 

Le livre du mois> Comme des cœurs brûlants, d’Alexia Viot

Voici un livre enthousiasmant et plein d’espérance en ces temps perturbés, puisqu’il s’agit de conversion : celle de l’auteur d’abord, qui accompagne son témoignage de riches réflexions sur le travail de la grâce en amont de toute conversion, et de la joie qui illumine cette nouvelle vie en Christ.

Puis dans une deuxième partie, sept témoignages de convertis édifiants, ces cœurs brûlants qui au milieu des tourmentes du siècle dernier et au cours d’une vie souvent mouvementée, ont fini par trouver l’objet de leur quête éperdue : ce Dieu d’amour infini.

Ce Dieu qui, depuis le fameux « Adam où es tu ? » cherche l’homme,

comme le Bon Pasteur auquel Jésus s’identifie, appelle sans se lasser sa brebis perdue, ou comme ce Père qui attend patiemment le retour du fils prodigue.

Ce Dieu qui humblement se fait mendiant respectant infiniment notre liberté : « Voici que je suis à la porte et je frappe ».

Il n’est pas étonnant alors que l’homme éprouve au fond de lui un manque, une sorte d’insatisfaction douloureuse, une soif d’absolu inassouvie, un besoin d’amour vrai, définitif, un désir d’infini que seul ce Dieu d’amour peut assouvir, puisque c’est Lui qui l’a mis dans nos cœurs.

Ce qui faisait dire à Saint Augustin :

« Tu nous as fait pour Toi ô Mon Dieu, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se trouve en Toi »

Mais l’esprit du monde recouvre ce manque d’une épaisse couche de matérialisme hédoniste, étouffant ces inquiétudes métaphysiques et spirituelles.
Pire encore, l’homme moderne, dans un déni de sa finitude, comme de l’infinitude à laquelle il aspire, se trompe de liberté.

En voulant s’affranchir de sa dépendance de créature, en se targuant d’être sa propre origine et sa propre fin, il ne sait plus qui il est et ne sait plus où il va. Il perd en fait la vraie liberté - celle des enfants de Dieu - et du même coup, son identité de fils, noyant sa solitude dans une accumulation de plaisirs fugaces qu’il prend pour du bonheur.

Tous ces convertis, l’auteur en tête, témoignent donc de l’aboutissement éblouissant de cette quête : la rencontre avec l’Amour infini qui se révèle de manière unique et singulière à chacun d’eux. En effet, aucune conversion ne ressemble à l’autre, chacune s’opérant quand la personne se laisse regarder par ce Dieu d’Amour : Jésus fixa son regard sur lui [Pierre] et l’aima.

Mais attention ! prévient l’auteur :

il ne faut pas rester sur le Mont Thabor

car si cette conversion est une véritable renaissance, elle n’est pas acquise une fois pour toutes, elle est au contraire un point de départ, puis le labeur de toute une vie, qui ne sera pas pour autant un long fleuve tranquille ; ces cœurs brûlants en témoignent - certains finiront martyrs !

En effet, la conversion entraîne la mission : être des témoins (en grec, márturos ) parfois jusqu’au prix de sa vie.

Paul, le premier, en est la preuve vivante : lui le persécuteur, en se laissant saisir par le Christ, devient immédiatement missionnaire ; à tel point qu’il est appelé l’Apôtre des nations, et finit par mourir pour rendre témoignage à la vérité, comme le Christ nous l’a demandé : « Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ».

Claudine DUPORT

Enseignement catholique > L’Enseignement Catholique en 2030 : démarche prospective

Durant cette année scolaire 2021-2022, l’Enseignement Catholique poursuit une réflexion collective, entamée en 2018, pour envisager son avenir immédiat et à long terme. Il s’agit de mettre en marche une démarche prospective. Tous les enjeux de cette démarche sont traversés par une question : «  Quel avenir pour l’Enseignement Catholique ? ». Autrement dit : « La Mission de l’Enseignement Catholique est-elle encore valable pour le monde d’aujourd’hui ? ».

Cette démarche prospective invite chaque établissement, chaque équipe de direction, chaque enseignant à porter un regard de lucidité sur son action quotidienne. La façon dont on enseigne, dont on éduque, dont on vit les relations au sein de l’établissement est-elle signe d’une présence indicible qui nous dépasse ? De quels moyens pouvons-nous nous doter pour lutter contre l’échec scolaire et contribuer à former des citoyens animés par un désir de construction d’un monde plus juste ? Les enseignants sont-ils conscients de participer à un projet chrétien qui invite chaque élève à prendre en compte son intériorité, son identité propre, son désir de transcendance ? Prenons-nous suffisamment au sérieux le mal-être de certains jeunes qui nous sont confiés ?

Faire œuvre de prospective, c’est aussi renouveler notre approche de la pastorale, un renouvellement qui touche à la fois notre appréciation des choses, nos postures et nos choix de mise en œuvre. Ce renouvellement pourra se faire à la faveur de deux convictions : son rôle doit être transversal et elle est appelée à créer des structures dans les écoles où, sans peur d’accueillir ce qui est changeant, ce (Celui) qui demeure apparaît avec une clarté nouvelle au service de tous. 

Le Pape François nous a rappelé en ce sens que « chaque homme et chaque femme est une mission, et c’est la raison pour laquelle on vit sur terre. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Et une telle expansion suscite la rencontre, le témoignage, l’annonce ». Pour lui, à la suite de l’enseignement de Vatican II, une authentique éducation des enfants doit viser qu’ils « deviennent capables de s’insérer activement dans les groupes qui constituent la communauté humaine, de s’ouvrir au dialogue avec l’autre et d’apporter de bon cœur leur contribution à la réalisation du bien commun  » (CVII, Gravissimum educationis). Une telle vision se trouve aujourd’hui remise en cause de différentes manières : Par l’individualisme et le consumérisme ainsi que par la culture de l’indifférence. C’est en affrontant avec audace les difficultés du temps présent que l’Espérance s’ancre dans la réalité et nous permet d’ouvrir des voies inédites en vue de créer une alliance éducative capable de dynamiser toutes les forces vives : enseignants, parents, chefs d’établissements, APS, personnel OGEC, etc., et revitaliser ainsi ce qui parfois semble sans vie mais qui n’est qu’endormi. 

Mme Isabel VELASCO,
Adjoint du Directeur diocésain pour la Pastorale

Il y a 100 ans dans le diocèse> Autrefois dans le diocèse d’Avignon, en octobre (1869-1971)

L’abbé Gilles, missionnaire et confesseur de la foi du diocèse d’Avignon

Le 15 septembre 1865, l’abbé Pierre Etienne Amédée Gilles est envoyé en mission pour le Se-Tchoan oriental (Chine), après une année passée au séminaire des Missions Etrangères de Paris.

L’abbé Amédée Gilles est né le 1° avril 1829 à Valréas. Sur quatre enfants, deux seront prêtres et une, religieuse. Il était le petit-fils du fermier général des Simiane, qui s’est distingué pendant la Révolution française par son courage et son dévouement, notamment en donnant asile, au péril de sa vie, à de nombreux prêtres. Il avait accueilli, entre-autres, Mgr Valayer, évêque démissionnaire de Verdun.

Pierre Gilles

 

Son père, ancien officier du Premier Empire, après avoir été appelé sous les drapeaux, fit valoir ses droits à la retraite en 1836. L’abbé Gilles n’avait que 7 ans. Son frère aîné étant déjà attiré par la carrière ecclésiastique, leur père pensa orienter le second vers la carrière des armes. Les choses étaient bien avancées, puisqu’il avait obtenu l’admission de son fils au Prytanée de la Flèche. Toutefois, l’enfant déclara nettement à ses parents qu’il voulait entrer dans l’état ecclésiastique.

Les Frères des Ecoles Chrétiennes s’établirent à Valréas et le jeune Gilles manifesta son désir de fréquenter cet institut ; l’année suivante, il entrait à leur noviciat de ces religieux instituteurs à Avignon. Son noviciat achevé, il enseigna à Nîmes, Morières, Orange, La Ciotat et Marseille.

En 1851, il rejoignit son frère, vicaire à Lapalud, afin de poursuivre ses études ecclésiastiques, et entra au Grand Séminaire d’Avignon en 1854. Il fut ordonné prêtre à Avignon le 18 juin 1859 et fut d’abord professeur au Petit Séminaire d’Avignon, puis en 1862, à sa demande, il fut nommé curé de Savoillans. Ensuite, Monsieur Pons, vicaire de Pernes, voulant fonder un pensionnat ecclésiastique à Valréas, fit appel à son dévouement.

Cela ne dura pas longtemps, car à la fin de l’année 1864 il entrait au séminaire des Missions Etrangères de Paris, fondées par un avignonnais. En effet, c’est le Père Alexandre de Rhodes (1591-1660), missionnaire jésuite d’Extrême-Orient, et né à Avignon, qui eut l’initiative de la fondation des Missions Etrangères de Paris. Après plusieurs séjours en Asie, il avait convaincu le pape Alexandre VII d’envoyer des évêques français volontaires afin de permettre la création d’un clergé autochtone bien formé, tout en s’adaptant aux mœurs et coutumes du pays. Les Missions Etrangères étaient créées en 1658.

Lors de son embarquement au port de la Joliette à Marseille, s’il était accompagné de son frère, l’abbé Louis Gilles, curé de Maubec ; il était aussi précédé par l’exemple d’autres compatriotes : les pères Rhodes et Lefèvre, d’Avignon, les abbés Wildors, d’Orange, Guigue, d’Avignon, Mgr Florens, de Lagnes et Mgr Ferréol, de Cucuron.

Arrivé en Chine en 1866, il est chargé de plusieurs districts de la mission du Su-Tchuen oriental, puis devint professeur au séminaire de son évêque, à la Maison de Dieu. Au mois de décembre 1868, apprenant le manque de sujets pour la mission de Koui-Tcheou, il s’offrit à Mgr Faurie qui l’envoya à Tsen-y-Fou.

Pierre Gilles en 1869

 

Or, la persécution contre la religion chrétienne vient d’éclater sur plusieurs points du Céleste-Empire, et le 14 juin 1869, selon le récit d’un missionnaire, « les païens se sont rués sur les établissements de la Mission dans la capitale de la province (de Koui-Tcheou) ; plusieurs chrétiens ont été blessés grièvement ». L’abbé Gilles fait partie des victimes. Il fut saisi par les émeutiers, dépouillé de ses vêtements, battu et traîné par la ville. Le sous-préfet du lieu l’a soustrait à ses bourreaux et mis en sureté, avec deux de ses confrères en sa sous-préfecture. Il meurt toutefois de ses blessures le 13 août 1869 à Kouy-yang. Inhumé d’abord dans le jardin de la mission, son corps est transféré au mois d’août 1871 dans le cimetière de la mission, sur la colline Tse-ki-pa, non loin de Kouy-yang. A l’annonce de sa mort, son frère, curé de Maubec, écrit « je n’ai point prié pour lui à la nouvelle de sa mort ; après avoir accordé à la nature ce qu’elle réclamait, j’ai essuyé une larme et de concert avec un de mes vénérables confrères, M. Pègue (de Cavaillon), qui était venu assister avec moi Monsieur l’abbé Giélly mourant, j’ai récité le Te Deum, remerciant Dieu d’avoir choisi dans ma famille un martyr et un saint ».

Le Synode diocésain de 1921

La Semaine Religieuse du Diocèse datée du 9 octobre rend compte de la célébration du synode diocésain, convoqué par Mgr l’Archevêque et qui s’était ouvert le 20 septembre précédent. Les membres du Synode suivaient en même temps les exercices de la retraite pastorale.

Mgr Estellon, vicaire général
@Archives historiques du diocèse d’Avignon

Le Synode s’est ouvert par la messe synodale célébrée solennellement par le Vicaire Général, Mgr Estellon, puis au chant du Veni Creator tous se sont rendus à la salle des séances en procession.

La chronique de la Semaine Religieuse rappelle la signification du mot : « voie spéciale, vois sainte par laquelle nous nous acheminons ensemble vers une fin commune, l’accord que nous mettons entre certaines de nos idées ou doctrines, et les moyens que nous déterminons pour en assurer la pratique ». Depuis 70 ans, aucun synode n’avait été célébré dans le diocèse d’Avignon, sans doute limité par les articles organiques du Concordat.

Armories de Mgr Lattay
@Archives historiques du diocèse d’Avignon

Quatre commissions avaient été chargées par l’Archevêque d’étudier les questions sur un plan élaboré par la Commission générale. Celle-ci a ensuite revu, résumé, amendé les diverses propositions et leur a donné une forme canonique. C’est ce document qui est proposé à la consultation des membres du Synode, et l’évêque déclara, après les avoir encouragés à exprimer en toute liberté leur pensée, « vous avez l’expérience : votre vie est un tout qui a été vécu, qui a vu, entendu, réfléchi, qui a eu ses joie set ses peines, ses rêves de bien, ses espoirs et ses déceptions ».

Et l’archevêque de conclure : « J’espère fermement que vous serez d’autant plus jaloux d’observer nos statuts, qu’ils sont pour une bonne part, votre œuvre ; c’est là un motif majeur – vous les avez acceptés ; on y a répondu à vos questions ; on y a fait droit à vos remarques. Ils sont donc à vous, et ils sont notre œuvre tous. ». L’assemblée s’achève dans le chant du Te Deum.

Le Synode romain de 1971

En octobre 1971 s’ouvre à Rome un important synode des évêques qui rassemblera deux cents évêques du monde entier, pour répondre à l’appel du Saint-Père sur les thèmes de la Justice dans le monde et du Sacerdoce ministériel.

Mgr Polge souligne que cette démarche, pour la première fois, a bénéficié « d’une large consultation du Peuple de Dieu ». Il appelle les fidèles à la prière, « avec confiance et ferveur », parce que ce n’est pas « une réunion simplement humaine ». Il encourage chacun à s’informer sur les travaux, sans se contenter « de quelques articles à sensation qui nous détournent de l’essentiel ». Enfin, il exhorte les chrétiens de son diocèse à se préparer à accueillir ces orientations, par une « conversion véritable qu’il nous faut consentir joyeusement ».


Mgr Polge @Archives historiques du Diocèse d’Avignon

 Le numéro 18 du Bulletin Religieux du Diocèse donne le compte-rendu des réponses des prêtres de France au document préparatoire. Pour le diocèse d’Avignon, le Conseil presbytéral avait chargé la Commission du Clergé de recueillir les réactions des confrères. Cette contribution avait été transmise à l’équipe nationale et fut travaillée avec toutes les autres, par les évêques délégués au Synode.

Ce document, après avoir réaffirmé ses convictions sur le sacerdoce ministériel et quelques questions soulevées par la situation du moment, met en exergue quatre points importants : le célibat, le travail professionnel, le prêtre et la politique, enfin, la vie spirituelle du prêtre.

Abbé Bruno GERTHOUX
Archiviste du diocèse d’Avignon

Nouvelle évangélisation> Vivre en famille une mission hors du commun !

C’est l’histoire de deux étudiants partis à Madagascar, en couple, à la fin de leur première année d’études, pendant un mois et demi.

Une première expérience qui les bouscule et qui sera fondatrice.

Sept ans plus tard, alors que Paul et Clotilde font partie de la communauté de l’Emmanuel et sont très heureux dans leur travail, un livre va tout bousculer : Le nom de Dieu est miséricorde.
S’en suivent échange et conversations animées « quel projet pour notre couple ?" et un questionnement sur la vocation même du couple.

C’est avec Fidesco qu’ils vont tout quitter et partir deux ans en mission au Lesotho.

Lors de leur atelier au Congrès Mission de Marseille, ils nous donneront quelques clés pour ceux qui se disent « pourquoi pas moi ? » et auraient envie de partir.

Des clés aussi pour bien vivre la mission là bas.
Et puis les clés du retour.

Paul dira : « je me sens missionnaire jusqu’à la fin de ma vie" .

Au programme

  • Notre appel missionnaire et le discernement avant départ
  • D’un appel personnel à un projet de couple puis de famille
  • 3 clés pour bien vivre la mission
  • Notre appel à la mission après la mission Fidesco
  • D’une parenthèse à un changement de vie

Intervenants

Paul et Clotilde Mayolle

Véronique MARGUET

 

Patrimoine> Avignon, Basilique Saint-Pierre : Mise au Tombeau

AVIGNON St Pierre Mise au Tombeau 1

Cet ensemble sculptural complet et récemment restauré résume symboliquement en trois étapes toute l’histoire du Monde, de la Genèse au Nouveau Testament, c’est-à-dire de la chute d’Adam et Ève à la mort du Christ sur la Croix pour le rachat des Hommes :

1°) Partant de la voûte - c’est-à-dire du Paradis - un grand Christ en croix vient d’expirer, c’est « la neuvième heure » de l’Évangile, trois heures de l’après-midi pour nous… Il est représenté plus grand que tous les autres personnages : façon de signifier que c’est bien lui qui compte ici. Le bois de sa croix est planté dans le sol, plus précisément dans un petit tas de cette même poussière avec laquelle nos premiers parents furent créés : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (Genèse 3-19). Le crâne d’Adam est là, dans la poussière, au pied de la Croix...

Crane

le serpent provocateur de la Chute l’enserre de ses anneaux pour nous rappeler que le Tentateur rôde toujours. Du reste, il présente encore la pomme – le fameux fruit défendu - entre ses dents, image de notre faiblesse originelle. Regardons attentivement : quatre petites fleurs poussent sur ces débris, symboles de l’espoir ou plutôt de l’espérance qui nous est offerte… mais aussi rappel du destin des hommes depuis Adam et Ève : « Il naît, il est coupé comme une fleur, il fuit et disparaît comme une ombre. » (Job 14, 2) Et bien sûr, comme c’est toujours le cas, le Christ en croix est encadré, à gauche (c’est-à-dire sur la droite du Crucifié) par Marie sa mère, et à droite par saint Jean, « le disciple que Jésus aimait. » De la poussière d’Adam au Christ, du premier Homme pécheur au Christ Rédempteur, c’est bien la quintessence de l’aventure humaine qui nous est contée...

2°) Juste en dessous, un « enfeu » creusé dans la muraille symbolise parfaitement l’intérieur d’un tombeau, celui dans lequel le Christ fut enseveli. Nous regardons une mise en scène dont la vogue dura deux siècles : XIVe et XVe et dont les acteurs et leur disposition resteront inchangés sur toute la période. Au premier plan, le Christ, personnage central, comme il était aussi central à l’étage au-dessus.

Deux hommes le soulèvent pour le poser sur son suaire. Deux hommes riches, pharisiens instruits, membres influents du Sanhédrin, le grand conseil du Temple qui condamna Jésus. Deux hommes d’âge mûr, comme le souligne leur barbe soignée, deux hommes importants qui jusqu’ici cachaient plutôt leur foi, mais prenant ici fermement parti comme ils venaient de le faire pour essayer de sauver Jésus de la mort.

Soutenant la tête, Joseph d’Arimathie. Les quatre évangélistes nous en parlent : C’est lui qui a donné ce tombeau tout neuf qu’il avait fait creuser pour sa famille (Jean 19, 30-42). C’est lui aussi qui est allé demander l’autorisation de déclouer le Sauveur et de l’ensevelir avant le Sabbat. D’habitude, on le représente très richement vêtu et coiffé d’un somptueux turban. Ici, on devine simplement que sa robe est d’un riche et luxueux tissu. De plus, la bourse qui pend à sa ceinture indique son rang et sa fortune. Celui qui soulève les pieds, c’est Nicodème, également membre du Sanhédrin qui connaît très bien Jésus et depuis longtemps. Saint Jean est le seul à nous en parler ; il le fait à trois reprises : C’est lui qui était allé trouver Jésus pour converser avec lui, mais, prudent, il l’avait fait de nuit de crainte de se compromettre (Jean 3, 1-21). Jean, encore lui, nous raconte comment Nicodème défend Jésus devant les docteurs pharisiens (Jean 7, 45-51) Enfin Jean, toujours lui, nous montre Nicodème, apportant « cent livres de myrrhe et d’aloès » - une dépense considérable - pour embaumer le Christ. (Jean 19, 39-42)

Derrière ces trois personnes, un groupe de cinq personnages. Au centre, les trois Marie : la Vierge Marie, abimée de douleur devant le corps de son fils, soutenue à droite, par sa parente Marie – épouse de Cléophas – la mère des apôtres Jacques le Mineur et Jude et du martyre Siméon - que Jean nous montre accompagnant le Christ dans sa montée au Calvaire et revenant aussi le dimanche de Pâques pour trouver le tombeau vide. Les évangélistes l’appellent « l’autre Marie ».

À gauche, c’est Marie Salomé qui soutient la Vierge. C’est l’épouse de Zébédée, un patron pêcheur de Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. C’est la mère de deux apôtres, Jacques (le Majeur) et saint Jean. Elle suivait Jésus avec la foule des disciples pour s’imprégner de son enseignement. C’est elle qui eut le culot maternel de lui demander de réserver une place à sa droite pour ses deux fils dans le Royaume… (Matthieu 20, 20)

Et enfin, tout à droite, Marie-Madeleine – la Marie qui habitait Magdala d’où son nom et que Jésus délivra de « sept démons » (Luc 8, 2). On la reconnaît, comme toujours, grâce à sa belle chevelure bouclée et à son pot de parfum… La tradition l’assimile à trois femmes évoquées dans les Évangiles : Marie de Magdala, comme dit ci-dessus ; Marie de Béthanie ; sœur de Marthe et de Lazare (Jean 11, 12) C’est celle qui ne perdait pas un mot de ce que disait Jésus tandis que Marthe en bonne maîtresse de maison s’activait à préparer le repas tout en se plaignant que sa sœur désertait la cuisine pour écouter le Christ. Et enfin, ce serait aussi la pénitente repentie qui verse un vase de parfum coûteux sur les pieds de Jésus, tandis que Judas le trésorier des Apôtres - le futur traître - récrimine que cet argent aurait dû profiter aux pauvres... La tradition provençale raconte qu’elle aurait débarqué aux Saintes-Maries avec Lazare, Sarah et les autres Marie, qu’elle aurait évangélisé la Provence et terminé sa vie en ermite dans la grotte de la Sainte-Baume à Saint-Maximin...

Ces saintes femmes seront présentes au tombeau vide au petit matin de Pâques… c’est là, sous les oliviers, que le Christ apparaîtra alors à Marie-Madeleine qui le prendra pour le jardinier…

Notons que tous les âges sont ici représentés : la jeunesse avec Marie-Madeleine et saint Jean ; la vieillesse avec la Vierge et Joseph d’Arimathie dont la barbe trahit l’âge ; et enfin l’âge mûr avec Nicodème et les « autres Maries ».

L’évantail des conditions sociales va des modestes « autres Marie », aux riches, instruits et influents Nicodème et Joseph d’Arimathie.

En forme de clin d’oeil, je remarque que ce groupe du Moyen-Âge fait la nique à notre XXIe siècle triomphant dans son paritarisme féministe : quatre hommes pour quatre femmes. Et si on met de côté Jésus comme il se doit, on a alors quatre femmes pour trois hommes : profitons-en pour rendre hommage à ce XIVe siècle que l’on s’obstine à trouver obscurantiste !

Autel

3°) Enfin, dernier étage ou étape de cette Mise au Tombeau, l’autel du Sacrifice de la Messe sans lequel cette symbolique Histoire du Monde serait incomplète. En effet, cet autel nous rappelle la Résurrection sans laquelle, nous dit saint Paul, la Foi serait vaine ( 1 Corinthiens 15 ) Cet autel est solidement posé sur le sol, nous rappelant que c’est « Hic et Nunc » (ici et maintenant) que cette histoire est vécue.

Blason

Enfin, ce voyage à travers l’Histoire du Monde serait incomplet sans un rappel à l’éternelle vanité humaine : sur le bord supérieur de l’enfeu, celui qui a financé ce beau groupe n’a pu se retenir d’y graver son blason… comme le souligne depuis la nuit des temps l’Ecclésiaste : ici-bas « Vanité des vanités, tout n’est que vanité ».

Une telle composition a-t-elle encore sa place au XXIe siècle ? 

Aujourd’hui où la mort est l’un des derniers tabous, insupportable pour la plupart de nos contemporains, qu’éprouvons-nous face à ces huit statues ? Comme toutes les autres Mises au Tombeau, le groupe d’Avignon ne suscite pas l’horreur du supplice ni l’angoisse de la mort. Bien au contraire. Regardez attentivement chacun des personnages, son regard, son attitude, son comportement. Il se dégage de cet ensemble de statues une noblesse, une solennité paisible, un recueillement, un regard apaisé sur la mort qui vous proposent et vous ouvrent la perspective d’un au-delà… Ce n’est pas le spectacle d’une fin, mais celui d’un commencement. Le rideau ne se baisse pas, il se lève.

François-Marie LEGOEUIL