Joie – Humilité – Espérance

4 juillet 2020

Homélie du Père André Cheysson pour ses 60 ans de sacerdoce le 29 juin 2020

Joie, Humilité, Espérance Trois gouttelettes « toutes fraîches » !!! ... et « non confinées » !!! Trois éclats de grâce !
Ces trois gouttelettes tombant « du ciel » sont entrées dans mon cœur d’enfant de Bollène (ville de ma naissance).
En tant que bollénois, j’ai fréquenté le monastère des Sœurs Sacramentines qui comptent treize religieuses martyrisées, guillotinées à Orange (en 1794, période de la Terreur). Et c’est dans cet écrin que le coup de foudre amoureux, c’est-à-dire « le coup de la grâce », a dû commencer comme une toute petite graine (graine de sénevé) promise à la joie du sacerdoce.
Ce monastère du Saint Sacrement de Bollène a comme finalité la contemplation, la prière, l’adoration eucharistique ‘nuit et jour’ et la sainteté fraternelle. Ce n’est que de la joie qui s’exhale de ce lieu et parfume les âmes qui cherchent un sens à leur vie. Tout homme est créé pour la vraie joie... et reconnaissons d’abord que nous sommes créés par un Dieu infiniment joyeux.
Maintenant, avec allégresse, parlons du sacerdoce.
Qu’est-ce qu’un prêtre ? C’est un homme que le Christ Jésus a choisi ; choix indicible qui vient du regard d’amour du Christ, seul et vrai prêtre. Le Christ Jésus choisit les prêtres comme ses amis : pour que nous portions du fruit (cf. Gal 5, 22-23) ; Il fait de nous ses ministres : nous participons à la charge de l’unique médiateur et sanctificateur qu’est le Christ. C’est l’Eglise, le Corps du Christ, qui – depuis 2000 ans – manifeste la place indispensable que tiennent en son sein les évêques, les prêtres et les diacres.
Les prêtres sont « configurés » au Christ ; ils sont rendus capables d’agir « au nom du Christ-Tête » ; ils permettent au Christ de construire, de sanctifier et de gouverner l’Eglise qui est son Corps, Corps mystique. Être prêtre est une vocation : Dieu appelle un homme à être « prêtre – serviteur » pour une mission bien spécifique. Quelle mission ?
Il y a trois réalités essentielles :
1) le « souci du partage de la Parole divine », c’est l’enseignement ; et ce partage de la Parole de Dieu est imprégné, baigné de prière : car le prêtre est un homme qui « écoute » Dieu qui lui parle intimement, en toute humilité et discrétion… Dieu a l’initiative du dialogue.

2) ensuite, la deuxième mission spécifique du prêtre, c’est la sanctification des hommes : à travers les sacrements.

3) le beau mystère de « l’unité, c’est à dire le rassemblement de tous les humains dans l’amour… sachant que souvent peut régner la loi « du plus fort » et « du malin » : en ce bas monde, « tout n’est pas rose » !!!

Dans notre service humble, le prêtre-serviteur, n’oublions jamais que le Seigneur Jésus-Christ a été attentif aux plus petits, aux plus pauvres, aux rejetés et à tous les pécheurs.

Terminant cette brève homélie, je soulignerai bien simplement ceci : si nous devons prier pour que les trente-deux bienheureuses martyres soient – un jour – déclarées saintes, sachant que ces religieuses – du haut du ciel – prient intensément pour que tous les prêtres deviennent de saints prêtres ; l’important, c’est la sainteté, mais une sainteté joyeuse ! S’il vous plait, pas de sainteté tristounette ! Pas de tristes saints !! Pas de saint triste !!
Souvenons-nous de la Sœur Théotiste du Saint Sacrement de Bollène : elle était très musicienne, avec une très belle vois. Elle chanta ses petits poèmes en allant au supplice, et elle embrassa les degrés de l’échafaud au chant du Magnificat ; quelle joie intérieure, profonde et humble avec une pincée d’humour !

Oui, jubilons ! Crions de joie ! Acclamons le Dieu trois fois saint !

Lui seul est parfaitement saint ! Il n’y a qu’un seul et vrai prêtre, un seul Pontife, un seul et Bon Pasteur, un Pasteur- Serviteur, c’est le Seigneur Jésus-Christ… et Lui seul peut combler tous les hommes de la richesse de sa grâce. (Ephésiens, 1, 7 et 27)

Oui, jubilons ! Crions de joie ! Prions Dieu dans la paix : à la manière de Saint Benoit qui a inséré ce mot ‘Paix’ dans sa devise bénédictine (Ora et labora ; Pax) : car paix dit simplicité, modestie, humilité, mesure, sagesse, douceur et amabilité.
Oui, témoignons de l’Amour, de l’Agapè, en toute liberté et humilité, et surtout dans la confiance, et encore mieux dans l’Espérance, car si l’Espérance s’éteint, l’amour-charité se refroidit.
Oui, avec foi, ce merveilleux Dieu trois fois saint, acclamons-Le, jubilons ! Crions de joie !

Père André Cheysson