Pâques : la promesse de Dieu

6 avril 2021

Voilà plus d’un an que nous avons l’impression d’être dans un Carême sans fin, dans une marche au désert où chacun chemine à distance de l’autre, privé des gestes bienfaisants de la rencontre et de l’affection. Au long des mois, la peur et, plus encore, la lassitude ont pu trouver asile en nous. Quand cela va-t-il prendre fin ? D’échéance en échéance, notre avenir s’est peu à peu troublé, brouillé, et nous nous sommes découverts moins résistants que nous le pensions, comme si quelque chose se délitait parfois en nous, érodait peu à peu nos dynamismes intérieurs.

Cette crise sanitaire, sociale, humaine, économique, politique…. nous fait descendre en nous, nous découvrant pauvres, fragiles, incapables de nous sauver par nous-mêmes. Et si c’était là, dans cet abîme, à la fois personnel et sociétal, qu’il s’agissait d’accueillir le mystère pascal ? De même qu’au Samedi Saint le Christ est descendu jusqu’aux régions inférieures de la terre, il s’agit de laisser descendre dans les profondeurs de nous-mêmes Celui qui seul peut détruire les racines d’amertume et faire naître des germes nouveaux.

Personne ne peut dire : « Je crois », sans ajouter aussitôt : « Viens au secours de mon manque de foi ». Pourtant, accueillir la promesse pascale ne dépasse pas notre mesure humaine. La présence de Dieu n’est pas liée à la sensibilité. Il est précisément là quand la ferveur se dissipe, et que s’évanouit la résonance sensible de sa parole. Notre salut ne viendra pas de l’extérieur, comme une action magique d’un quelconque deus ex machina ou libérateur politique. C’est au cœur même de la nuit de nos tombeaux que se lève la lumière du premier des Vivants. C’est là où se tissent notre histoire et notre humanité que Dieu donne, et que sa vie devient notre vie. Pâques n’est pas un miracle clé en main, c’est une vie redonnée au lieu même de ce qui n’est plus vivant en nous.

Cette année, de manière encore plus intime, nous est relancée cette promesse pascale plus forte que toutes nos morts, nos rétrécissements et nos enfermements. Rejoints par le Christ, adhérons au projet de Dieu d’écrire avec lui notre histoire en terre d’espérance. Bonne fête de Pâques.

François Boëdec s.j